Dans le Var, l’hébergement touristique freiné par un parc hôtelier insuffisant

EN BREF

  • Dans le Var, les locations meublées de courte durée compensent un parc hôtelier jugé insuffisant.
  • Le département compte environ 42 000 meublés, contre 432 hôtels et 13 343 chambres.
  • Le GHR PACA appelle à davantage de transparence et à des règles renforcées pour les locations touristiques.
  • La loi Le Meur permet aux maires de ramener la durée de location à 90 jours par an.

Dans le Var, l’offre touristique repose largement sur les meublés de courte durée, qui compensent un parc hôtelier jugé insuffisant. Le département compte 42 000 locations de ce type pour 13 343 chambres d’hôtel, un déséquilibre qui relance le débat sur la place des plateformes et l’encadrement des locations saisonnières.

Dans le Var, les hôtels ne suffisent pas à répondre seuls à la demande touristique : les locations meublées de courte durée complètent largement l’offre, avec près de trois logements proposés pour chaque chambre d’hôtel. Pour Christiane Thibault, présidente régionale du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration, ces locations ne sont pas à proscrire, mais leur développement pose des questions de transparence, de sécurité et d’équilibre économique entre hébergeurs.

Une offre hôtelière qui ne couvre pas toute la demande

Résidente à La Seyne-sur-Mer, Christiane Thibault préside depuis 2022 le GHR en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le groupement rassemble, selon elle, environ 1 100 adhérents, dont 400 dans le Var. Elle estime que le parc hôtelier départemental, trop limité au regard de l’activité touristique, bénéficie d’un complément important grâce aux logements proposés par des particuliers.

Les chiffres avancés donnent la mesure de cette complémentarité. La région compte quelque 143 000 meublés destinés à la location de courte durée, proposés sur des plateformes et par des réseaux spécialisés. Le Var en regroupe environ 42 000. En parallèle, le département dispose de 432 hôtels, représentant un total de 13 343 chambres. Le rapport entre les deux formes d’hébergement est donc particulièrement marqué : on dénombre approximativement trois locations meublées pour une chambre hôtelière.

Ces données décrivent un territoire où l’hébergement touristique repose sur un ensemble d’acteurs et de modèles différents. Pour situer le parc régional dans son contexte, des éléments de référence sont également présentés dans cette synthèse consacrée au parc hôtelier de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les statistiques territoriales de l’Insee permettent, de leur côté, de replacer les enjeux locaux dans une lecture statistique plus large.

Le constat ne signifie pas que les locations entre particuliers seraient inutiles. Dans les secteurs où les hôtels sont peu nombreux ou affichent complet, elles augmentent la capacité d’accueil et offrent davantage de choix aux visiteurs. La question porte plutôt sur la manière de faire coexister ces offres avec les établissements professionnels, tout en garantissant des règles compréhensibles pour les voyageurs et équitables pour les hébergeurs.

Les locations de courte durée, un complément devenu majeur

Les meublés touristiques permettent d’accueillir des familles, des groupes ou des vacanciers recherchant un logement avec cuisine et plusieurs pièces. Ils peuvent aussi répondre à des besoins saisonniers dans des communes où la capacité hôtelière ne suit pas toujours les variations de fréquentation. Pour le Var, où l’activité touristique se concentre notamment durant la saison estivale, cette offre supplémentaire contribue à absorber une partie de la demande.

Le phénomène concerne plusieurs plateformes et circuits de réservation, et ne se limite donc pas à une seule entreprise. Airbnb, Booking, Abritel, Leboncoin, TripAdvisor Rentals, PAP Vacances, Gîtes de France et Amivac figurent parmi les canaux cités pour les séjours de courte durée. Cette diversité rend le suivi du marché plus complexe : les annonces sont réparties sur différents services et les conditions applicables peuvent varier selon le statut du logement et la réglementation locale.

Christiane Thibault ne considère pas Airbnb comme un adversaire par principe. Elle reconnaît la place prise par les locations de particuliers dans l’offre départementale et défend une approche qui tienne compte des besoins du territoire. Son point de vigilance concerne surtout l’écart possible entre les obligations imposées aux professionnels et celles auxquelles sont soumis certains propriétaires qui louent leur bien à des visiteurs.

Le sujet dépasse le seul nombre d’hébergements disponibles. Il touche à la concurrence, au respect des normes, à l’organisation des communes et aux retombées économiques des séjours. Il renvoie aussi à l’évolution des choix des touristes, attirés par des formules variées, des destinations nouvelles et des expériences adaptées à différents budgets. Les tendances de voyage évoquées pour les prochaines années, notamment l’intérêt pour des destinations moins connues, sont abordées dans cet article sur les tendances touristiques annoncées pour 2027.

Des règles plus lisibles pour les hébergeurs

Pour la représentante du GHR, le développement des meublés n’est pas incompatible avec une réglementation plus exigeante. Elle plaide notamment pour davantage de transparence sur les annonces et les conditions de location. Selon elle, des règles mieux contrôlées pourraient contribuer à distinguer les offres conformes des logements qui ne respectent pas les obligations applicables.

L’exemple espagnol est régulièrement cité dans ce débat. Dans certaines régions, les hôtes doivent obtenir une licence pour proposer leur logement à la location touristique. La démarche peut comprendre une formation portant sur l’hygiène et le respect des règles de sécurité incendie. Sans autorisation, l’annonce ne peut pas être mise en ligne. Ce cadre vise à rendre les logements plus facilement identifiables par les autorités et à responsabiliser leurs propriétaires.

Des contrôles peuvent également conduire au retrait de licences accordées auparavant. À Barcelone, 101 autorisations auraient récemment été supprimées. Pour les défenseurs d’un encadrement accru, ce type de décision montre que l’existence d’une licence ne suffit pas à elle seule : les conditions doivent être vérifiées et les sanctions appliquées lorsque les règles ne sont pas respectées.

Les visiteurs qui s’intéressent à l’Espagne peuvent découvrir les différentes formes de séjour et les lieux à visiter dans ce guide consacré aux séjours en Espagne. La comparaison avec les pratiques espagnoles éclaire les options possibles pour encadrer la location touristique, sans pour autant supposer que les règles d’un pays peuvent être transposées à l’identique dans les communes françaises.

Licences, sécurité et durée des séjours

L’encadrement peut porter sur plusieurs aspects : identification du logement, sécurité des occupants, hygiène, durée de location ou nombre de journées autorisées au cours de l’année. En Espagne, certaines villes et régions fixent par exemple des limites de durée. Valence a instauré un plafond de neuf nuits consécutives dans certains cas, tandis que Saint-Sébastien et les îles Baléares appliquent une limite annuelle de 90 jours à certaines locations.

Ces dispositifs répondent à des situations locales différentes. Une grande ville confrontée à une forte pression sur le logement permanent n’a pas nécessairement les mêmes priorités qu’une commune littorale dont l’activité se concentre sur quelques mois. Les politiques publiques doivent donc tenir compte de la fréquentation, de l’offre résidentielle, des capacités d’accueil et des besoins des habitants.

La loi Le Meur et les marges de décision des communes

En France, la loi Le Meur de 2024 a renforcé les outils dont disposent les collectivités pour encadrer les meublés de tourisme. Elle permet notamment à un maire de réduire la durée maximale de location d’une résidence principale à 90 jours par an, au lieu de la limite antérieure de 120 jours. Cette possibilité est présentée comme un moyen d’adapter la réglementation aux réalités locales.

Christiane Thibault voit favorablement cette évolution. Elle estime qu’une durée annuelle plus courte pourrait inciter certains propriétaires à louer moins souvent leur logement. Un tel changement peut contribuer à limiter la concurrence entre hébergement professionnel et location saisonnière, même si son effet dépendra des choix adoptés par chaque commune et de la manière dont les règles seront contrôlées.

Les municipalités disposent ainsi d’un levier pour agir sur l’activité touristique sans appliquer partout un modèle uniforme. Elles doivent toutefois arbitrer entre plusieurs objectifs : conserver une capacité d’accueil suffisante, préserver le logement disponible pour les résidents, soutenir les commerces et restaurants locaux, et maintenir l’attrait de la destination pour les visiteurs.

Des retombées économiques qui dépassent l’hébergement

La question des locations de courte durée concerne également les dépenses réalisées pendant le séjour. La présidente régionale du GHR observe que les personnes logées dans un meublé ont parfois davantage la possibilité de préparer leurs repas elles-mêmes. Elles peuvent alors fréquenter moins souvent les restaurants et les brasseries que des voyageurs hébergés à l’hôtel, même si les habitudes varient d’un séjour à l’autre.

Elle évoque notamment l’affluence observée dans un supermarché de Bandol pendant l’été, qu’elle interprète comme un signe des achats effectués par les vacanciers logés dans des locations équipées. Cette observation ne suffit pas à mesurer, à elle seule, l’impact économique des meublés. Elle illustre toutefois une préoccupation exprimée par les professionnels : les retombées touristiques ne se répartissent pas nécessairement de la même façon selon le type d’hébergement et les services consommés.

Les hôtels peuvent aussi générer des dépenses locales par l’intermédiaire de leurs salariés, de leurs fournisseurs et de leurs activités de restauration. De leur côté, les locations soutiennent parfois des services de gestion, de ménage et d’entretien, tout en permettant à certains commerces de bénéficier de la présence des visiteurs. L’enjeu consiste donc à examiner l’ensemble des flux économiques, plutôt qu’à opposer de manière systématique deux formes d’hébergement.

La demande évolue en outre selon la composition des groupes et les préférences des voyageurs. Les séjours entre amis, par exemple, peuvent favoriser la réservation d’un logement partagé, tandis que certains visiteurs privilégient les services hôteliers. Plusieurs usages coexistent, comme le montre cet aperçu des destinations urbaines recherchées pour des vacances entre amis en 2026.

Un équilibre à trouver pour l’avenir touristique du Var

Le débat sur le parc hôtelier varois met en lumière une question centrale : comment accroître la capacité d’accueil sans fragiliser l’équilibre résidentiel ni pénaliser les professionnels qui respectent les obligations de leur secteur ? Une réponse unique paraît difficile, car les besoins diffèrent entre les communes littorales, les centres urbains et les territoires moins fréquentés.

Le renforcement de l’offre hôtelière pourrait répondre à une partie de la demande, mais il nécessite des investissements, du foncier et une activité suffisamment régulière pour assurer la viabilité des établissements. Les locations meublées, déjà nombreuses, apportent une souplesse que les hôtels ne peuvent pas toujours offrir. Leur encadrement devra donc être pensé en complémentarité avec les projets hôteliers et les besoins de logement à l’année.

La situation du Var s’inscrit aussi dans un contexte où de nouvelles destinations attirent l’attention des voyageurs. La montée en visibilité de l’Albanie, présentée comme une destination européenne en plein essor, rappelle que les attentes touristiques se déplacent et que les territoires sont en concurrence pour séduire les visiteurs. Deux analyses consacrées à cette évolution sont proposées sur l’Albanie, nouvelle vedette des voyages en Europe et sur son essor comme destination touristique.

Pour les professionnels varois, l’enjeu immédiat reste de pouvoir accueillir les visiteurs dans de bonnes conditions, tout en garantissant une concurrence plus équilibrée entre les établissements et les logements loués ponctuellement. Le sujet a été détaillé dans plusieurs articles consacrés à l’offre d’hébergement départementale, notamment par Mapresse du jour et dans une autre publication portant sur le même constat.

Le point de vue de Christiane Thibault et les données citées sur le parc hôtelier varois ont également été relayés par Nice-Matin. Le débat se poursuit autour des moyens de mieux déclarer les logements, de vérifier leur conformité et de laisser aux communes une marge d’action adaptée à la pression touristique locale.

Indicateur Dans le Var
Hôtels 432 établissements, pour 13 343 chambres.
Meublés de tourisme Environ 42 000 offres de courte durée.
Ratio d’hébergement Environ 1 chambre d’hôtel pour 3 meublés.
Rôle des locations Elles complètent un parc hôtelier jugé insuffisant.
Encadrement des locations Une commune peut limiter la location à 90 jours par an.
Enjeu pour les professionnels Renforcer les règles de transparence et de sécurité.

Dans le Var, la demande touristique se heurte à une capacité hôtelière limitée, tandis que les locations meublées de courte durée complètent largement l’offre d’accueil. Pour les professionnels, l’enjeu est désormais de mieux équilibrer ces hébergements, de renforcer la transparence et de faire profiter l’économie locale des séjours touristiques.

Le Var attire chaque année de nombreux visiteurs, mais son parc hôtelier ne suffit pas à répondre à toute la demande, notamment pendant la haute saison. Selon les données avancées par Christiane Thibault, présidente régionale du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GHR), le département compte environ 432 hôtels et 13 343 chambres. En parallèle, quelque 42 000 meublés de tourisme en location courte durée sont proposés sur des plateformes et par des réseaux de particuliers.

À l’échelle de la région Paca, le nombre de meublés de courte durée atteindrait 143 000. Dans le Var, cette offre répond donc à un besoin réel, en particulier lorsque les hôtels affichent complet. La présidente du GHR ne considère pas ces locations comme une concurrence à écarter par principe : elles contribuent à accueillir les visiteurs dans un territoire où la capacité hôtelière est limitée. Le défi consiste plutôt à assurer des règles équitables et à préserver la qualité de l’accueil.

Une offre complémentaire, mais des retombées locales différentes

Le type d’hébergement choisi peut aussi influencer les habitudes de consommation des voyageurs. Les clients des meublés disposent souvent d’une cuisine et peuvent privilégier les courses en supermarché, tandis que la clientèle hôtelière fait davantage appel aux restaurants et aux brasseries. Pour les commerces et les professionnels du tourisme, l’objectif est donc de rendre l’expérience locale attractive, quel que soit le mode d’hébergement : recommandations de restaurants, activités de proximité et partenariats avec les acteurs du territoire peuvent prolonger les retombées du séjour.

Cette question s’inscrit dans une saison touristique marquée par des conditions parfois contrastées. Les professionnels doivent composer avec l’inflation et les épisodes de forte chaleur, qui peuvent influer sur les déplacements et les dépenses des visiteurs. Cet éclairage sur la fréquentation touristique face à la canicule et à l’inflation permet de mieux comprendre les défis rencontrés par les destinations méditerranéennes.

Encadrer les locations sans réduire l’offre d’accueil

Pour le GHR, mieux informer les voyageurs et encadrer les pratiques ne signifie pas s’opposer à la location entre particuliers. Une plus grande transparence sur les annonces et le respect des exigences de sécurité pourraient distinguer les offres conformes et améliorer la confiance des clients comme des professionnels.

En Espagne, certaines collectivités ont instauré des licences pour les hôtes, conditionnées notamment au respect des règles d’hygiène et de sécurité incendie. Des plafonds de durée existent également dans plusieurs villes ou territoires. Les évolutions de la réglementation espagnole suscitent des réactions parmi les plateformes : les tensions autour des nouvelles règles de location touristique en Espagne illustrent les débats entre régulation, activité économique et accès au logement.

En France, la loi Le Meur adoptée en 2024 permet aux maires, sous certaines conditions, de réduire la durée maximale de location d’une résidence principale à 90 jours par an, au lieu de 120. La mesure donne davantage de leviers aux communes qui souhaitent adapter l’offre à leur situation locale. D’autres grandes destinations étudient aussi des restrictions : les limitations prévues dans le quartier de Shinjuku à Tokyo montrent l’ampleur que peut prendre ce débat à l’international.

Renforcer l’hôtellerie varoise et valoriser l’expérience locale

Face à une fréquentation importante, le développement et la modernisation de l’offre professionnelle représentent des pistes pour mieux répartir les visiteurs et répondre à leurs attentes. À l’échelle nationale, le paysage hôtelier évolue lui aussi, entre fermetures d’établissements et progression du nombre de chambres disponibles. L’évolution récente du parc hôtelier français offre un point de comparaison utile pour les acteurs qui réfléchissent à l’investissement et à la capacité d’accueil.

Pour planifier leur activité, les hébergeurs peuvent également s’appuyer sur les données publiques relatives au tourisme et aux territoires. Les statistiques de l’Insee sur les capacités d’hébergement aident à situer l’offre locale et à mieux comprendre les enjeux de fréquentation. Dans le Var, les indicateurs saisonniers permettent de suivre les variations de la demande : les chiffres de la saison estivale à Toulon apportent un éclairage complémentaire sur l’activité touristique.

Le département s’appuie aussi sur une grande diversité d’hébergements de plein air. Les données consacrées aux nuitées et aux campings varois rappellent que la capacité d’accueil ne se limite ni aux hôtels ni aux locations meublées. Pour les professionnels, proposer des séjours adaptés à différents budgets et profils contribue à répartir les visiteurs sur le territoire.

Attirer les voyageurs en valorisant le séjour

La compétitivité d’une destination dépend aussi des expériences proposées : gastronomie, patrimoine, activités en plein air et déplacements vers les communes voisines. Les séjours entre amis, par exemple, encouragent souvent la réservation de logements de grande capacité, mais aussi la recherche d’activités partagées. Les tendances présentées dans ce panorama des villes recherchées pour les voyages en groupe et dans cette sélection de destinations urbaines populaires auprès des groupes peuvent inspirer les offres et les services conçus pour ces clientèles.

Les voyageurs comparent également les destinations à l’étranger avant de réserver. Des contenus pratiques, comme ce guide pour explorer l’Italie, répondent à cette envie de préparer un séjour autour de découvertes locales. Pour les hébergeurs varois, mettre en avant les richesses du territoire et faciliter l’organisation des visites permet de renforcer l’attractivité de leur offre, qu’il s’agisse d’un hôtel, d’un camping ou d’un meublé.

Hébergement touristique dans le Var : deux enjeux

  • Un parc hôtelier limité : 432 hôtels et 13 343 chambres.
  • Une offre complémentaire : environ 42 000 meublés de tourisme de courte durée.
  • Un déséquilibre marqué : près de trois locations de courte durée pour une chambre d’hôtel.
  • Des règles à renforcer : transparence, sécurité et encadrement de la durée des locations.

Dans le Var, le manque de chambres d’hôtel rend les locations meublées de courte durée utiles pour accueillir les visiteurs, mais leur poids appelle un encadrement plus transparent. Pour mieux équilibrer l’offre touristique, il convient d’accompagner le développement hôtelier, de contrôler les locations et de préserver leur contribution à l’économie locale.

Développer une offre d’hébergement mieux équilibrée

Le Var dispose de 432 hôtels, qui représentent au total 13 343 chambres, tandis que le département compte environ 42 000 meublés proposés à la location touristique. Les locations ne sont donc pas simplement une concurrence : elles répondent en partie à une demande que le parc hôtelier ne peut pas satisfaire seul. Les supprimer ou les restreindre brutalement risquerait de réduire la capacité d’accueil, notamment lors des périodes de forte fréquentation.

Les collectivités pourraient toutefois encourager la création et la rénovation d’hôtels, en particulier dans les secteurs où la demande est forte et l’offre professionnelle limitée. Des démarches d’urbanisme lisibles, la réhabilitation de bâtiments existants et le soutien aux établissements ouverts hors saison aideraient à diversifier les capacités d’accueil. L’objectif serait de renforcer l’hôtellerie sans écarter les hébergements complémentaires qui contribuent à loger les vacanciers.

Adapter les projets aux besoins des territoires

Une stratégie uniforme ne conviendrait pas à l’ensemble du département. Les communes pourraient examiner leur fréquentation, la disponibilité des logements pour les habitants et la capacité de leurs services à accueillir davantage de visiteurs. Cette analyse locale permettrait de cibler les nouveaux projets hôteliers et d’éviter une pression touristique excessive dans les quartiers les plus sensibles.

Rendre les meublés plus transparents et mieux contrôlés

Pour les professionnels du secteur, l’enjeu n’est pas d’interdire les locations entre particuliers, mais de faire appliquer des règles compréhensibles et équitables. Un registre local fiable, un numéro d’enregistrement clairement affiché sur chaque annonce et des contrôles réguliers permettraient de mieux connaître l’offre réelle. Les plateformes pourraient également être sollicitées pour vérifier les informations fournies par les hôtes et retirer les annonces non conformes.

Le modèle de certaines régions espagnoles offre des pistes à étudier : une autorisation préalable peut être associée à des exigences de sécurité incendie, d’hygiène et d’information des voyageurs. Dans le Var, un dispositif adapté aux capacités des petites communes éviterait de créer des démarches disproportionnées, tout en garantissant un niveau essentiel de sécurité pour les visiteurs.

Utiliser les plafonds avec discernement

La loi de 2024 permet aux maires de réduire, sous certaines conditions, la durée annuelle de location touristique d’une résidence principale, de 120 à 90 jours. Les communes pourraient évaluer cette possibilité selon les tensions observées sur le logement et l’activité touristique. Des limites de durée ou de nuitées doivent s’appuyer sur des données locales, être annoncées clairement et faire l’objet d’un suivi pour mesurer leurs effets.

Préserver les retombées dans l’économie locale

Les visiteurs logés dans des meublés ne fréquentent pas nécessairement les restaurants, cafés et brasseries dans les mêmes proportions que les clients des hôtels. Beaucoup peuvent préparer leurs repas et faire leurs achats en grande surface. Pour renforcer les retombées touristiques, les acteurs locaux pourraient donc mieux orienter les voyageurs vers les commerces de proximité, les marchés, les restaurants et les activités du territoire.

Des informations pratiques remises à l’arrivée, des partenariats entre hébergeurs et commerçants, ou encore des offres mettant en valeur les produits locaux encourageraient ces dépenses sur place. En parallèle, un dialogue régulier entre hôteliers, propriétaires de meublés, plateformes et municipalités aiderait à suivre l’évolution de l’offre et à repérer les déséquilibres avant qu’ils ne s’aggravent.

FAQ : l’hébergement touristique dans le Var

Q : Pourquoi l’offre d’hébergement touristique du Var est-elle jugée insuffisante ?
R : Le département dispose de 432 hôtels, représentant 13 343 chambres. Cette capacité hôtelière est complétée par de nombreux meublés de tourisme proposés à la location de courte durée.

Q : Combien de meublés de tourisme sont recensés dans le Var ?
R : Le Var en compte environ 42 000. À l’échelle de la région Paca, le total atteint 143 000 logements de ce type.

Q : Quelle est la proportion entre chambres d’hôtel et locations de courte durée dans le Var ?
R : Les chiffres indiquent qu’il y a environ une chambre d’hôtel pour trois offres de meublés de tourisme de courte durée.

Q : Les professionnels de l’hôtellerie sont-ils opposés aux locations de type Airbnb ?
R : Non. Christiane Thibault, présidente du GHR en région Paca, estime que ces locations complètent un parc hôtelier insuffisant. Elle plaide toutefois pour davantage de transparence et de règles.

Q : Quelles mesures sont appliquées en Espagne pour encadrer les locations touristiques ?
R : Certaines régions exigent une licence pour les hôtes, qui doivent notamment suivre une formation à l’hygiène et respecter les règles de sécurité incendie. Des limites de durée de location existent aussi dans certaines villes et régions.

Q : La durée de location peut-elle être limitée en France ?
R : Oui. La loi Le Meur de 2024 permet aux maires de réduire de 120 à 90 jours par an la durée maximale de location d’une résidence principale en meublé touristique.

Q : Pourquoi une réglementation plus stricte intéresse-t-elle les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration ?
R : Selon Christiane Thibault, les visiteurs qui séjournent dans des meublés fréquentent moins souvent les restaurants et les brasseries, et font davantage leurs courses en supermarché.

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